Défi février sans supermarché

J’ai appris via internet qu’il existait un défi : un mois sans supermarché (d’accord, c’est février avec ses 28 jours). L’idée n’a fait qu’un tour en moi et je me suis mis à le proposer autour de moi. Mais le plus important est de convaincre ma copine. Et après explication, elle est prête à me suivre dans cette aventure, parce que cela n’aurait pas été possible sans elle.

Premier problème, les soeurs de ma moitié étaient là pour le premier week-end de février et nous sommes allés quelques jours à la montagne. On a décidé de décaler le début du défi au lundi 5 février 2018. On s’est tenu aux 28 jours que compte février, ce qui nous a fait finir le dimanche 4 mars 2018.

J’ai décidé de tenir un journal de nos impressions durant la durée de nos 28 jours. C’est grâce à ce mois sans supermarché que ce blog a germé dans ma tête et d’autres idées en sont ressorties avec mes notes jour après jour.

C’est l’occasion de sortir de notre routine – Migros-Coop – légume hors de saison – produits venant de l’autre bout du monde – surconsommation – et profiter de découvrir de petits producteurs, commerçants, produits de saison ou encore des produits locaux.

Avant le début du défi (sans savoir que j’allais le faire), j’avais commandé des oranges bio de Sicile sur qoqa.ch, cela nous a aidé pour le déjeuner (oui, petit-déjeuner c’est en France, et déjeuner c’est en Suisse, la faute à l’aristocratie de la France du 19e siècle qui n’aimait pas se lever tôt). Et un jus d’orange frais chaque matin, c’est parfait pour se mettre de bonne humeur pour le reste de la journée et faire le plein de vitamines.

Sans tricher, on a essayé de vider nos stocks, que nous avions avant le défi. Parce qu’on se fait avoir par des offres 3 pour 2, pack XXL et autres promotions en supermarché et nous cumulons tout cela chez nous.

Je ne vous cache pas, que dès le début, mon enthousiasme était au max et que je me mettais à chercher des adresses où allez faire mes courses et de trouver si d’autres personnes s’y sont aussi mises. Et ce qui m’a permis de découvrir la ruche qui dit oui (lien pour La Ruche qui dit oui).Capture d_écran 2018-03-12 à 09.36.14

En gros c’est comme leshop.ch, mais avec des producteurs ou artisans locaux. On choisit nos produits en ligne, on paye et l’on va récolter notre commande le jour désigné. Simple non ? Pour nous, à Bienne, nous commandons au plus tard jusqu’au lundi minuit pour récupérer le mercredi qui suit à la ruche (endroit défini sur le site). Le choix de produits est vraiment intéressant et de saison. Chaque ruche sera différente et proposera du contenu en fonction des acteurs locaux.

En n’allant pas au supermarché, on apprend à préparer sa semaine en avance. Nous avons commandé des légumes, viandes ou produits pour le mercredi au week-end à la ruche qui dit oui et nous sommes allés au marché le samedi matin pour nos courses du week-end au mercredi. Avant je sortais du travail et je me rendais à la Migros la plus proche. Je prenais ce qui me donnait envie sur le moment, en action ou mis en avant. J’achetais souvent des produits hors saison et lointains sans vraiment y réfléchir.

L’avantage avec ce mois sans supermarché : cela m’a permis de découvrir de nouveaux légumes. Par exemple, le topinambour (jamais mangé), la betterave (jamais cuisiné), le panais (rarement utilisé) ou encore le céleri rave (jamais cuisiné). J’ai trouvé sur le blog de Claire-Sophie Pissenlit de jolis encadrés de fruits et légumes de saison afin de bien choisir mes produits. Comme cela à l’avenir il sera plus simple de prendre de saison et local.

On a profité du premier week-end pour aller faire notre repérage dans les différentes épiceries locales. Nous avons remarqué que l’on trouve de tout, légumes, viandes, produits laitiers, produits d’entretien, produit pour l’hygiène, jeux … Vous pourrez consulter les différentes adresses que j’ai apprécié dans la rubrique mes adresses secrètes (elle se remplira de plus en plus avec le temps). Nous avons constaté que de faire nos courses dans différentes échoppes nous prend plus de temps et d’organisation qu’avant.

L’avantage de ne pas se rendre dans un supermarché : nous achetons que l’essentiel.  Nous ne prenons rien de superflu ou qui pourrait nous tenter. Nous ne sommes plus les cibles des publicités au milieu d’un film ou des panneaux dans la rue. Nous ne nous faisons plus influencer par des promotions ou des envies subites d’un produit en passant dans les rayons. Nous avons payé certains produits plus chers, et d’autres moins cher. Mais nous avons pris ce dont nous avions besoin de semaine en semaine. La balance s’équilibre entre les achats non effectués, produits moins et plus chers.

Le désavantage, nous passons plus de temps à acheter nos produits, à s’organiser , laver ses légumes et à cuisiner. Mais à la fin, c’est pour avoir de meilleures denrées, plus locales, plus bio et de plus cuisiner maison. Et à vrai dire, on y prend goût et un grand plaisir. J’aime beaucoup cuisiner, nettoyer mes légumes et parcourir les petits commerces me rappelle mon enfance.

La nourriture est le thème le plus universel possible. Tout le monde doit manger et chacun à son rapport avec la nourriture. En ayant parlé de ce défi à mon entourage, la plupart trouvaient cela super, et qu’il s’y mettrait bien aussi, mais le temps revenait constamment comme frein à leur élan ! Le plus étrange retour, et peut-être le plus juste retour que j’ai eu, mais pourquoi veux-tu retourner 50 ans en arrière et de te faire chier à courir les épiceries et à aller au marché ?! C’est vrai que faire ses courses au supermarché est très simple. On s’y rend et on ressort rapidement avec tout ce que l’on avait prévu, les quantités sont toujours abondantes et le choix des produits est conséquent. Et le tout sous un même toit. Pourquoi se compliquer la vie ?

La plupart des gens me disent : mais ça vous revient plus cher de vivre sans supermarché?Oui, certains produits sont plus chers et d’autres non. Mais l’équilibre s’installe à peu de chose près. Les légumes de saison et locaux sont moins chers au marché, les produits finis ou artisanaux sont plus chers, les pièces de viande sont plus chères, mais de meilleure qualité. Nous avons pris passablement plus de légumes de saison que d’habitude et moins de produits finis. Il y a aussi l’aspect feel good. Le fait de l’avoir fait soit même a pris certes plus de temps, mais l’apport émotionnel est plus fort. L’exemple du jus d’orange pressé chaque matin. Il est bien meilleur et il me met direct de bonne humeur pour la journée. Mais il me revient 5 fois plus cher de le faire moi-même et 5 fois plus de temps à le préparer. Par contre, l’apport feel good, lui est 100 fois meilleur.

Alors après 28 jours quand est-il ?

Le défi était relativement simple. On habite proche du centre, on a un marché, la ruche qui dit oui et beaucoup d’épiceries en ville. On a dépensé moins que d’habitude pour de meilleurs produits. D’accord, vous allez me dire que nous avions des stocks. Nous avions quelques pâtes, yaourts, riz, boîtes de conserve… Ça nous a fait 5 repas. Mais nous avions, 13 jours sur 28, des invités à la maison. Et les repas étaient eux tous doublés dans cette période. Après avoir discuté avec d’autres personnes ayant fait ce mois sans supermarché, le résultat financier varie selon les personnes. Certaines ont vu leurs budgets augmenter significativement et d’autres étaient revus à la baisse. Pour ma part, nous avons constaté une diminution de nos dépenses sur le mois de février. Mais le constat est le même. Tout le monde a bien apprécié de le faire. Tout le monde veut garder ses habitudes. Quelles habitudes ? Continuer avec les produits frais, locaux, si possible bio ou demeter. Retourner au marché, bouchers, fromagers, épiciers et autres artisans locaux. Continuer de cuisiner.  Par contre, nous ne nous voyons pas nous passer de supermarché pour les produits d’hygiène ou d’entretien. Là, l’habitude est trop grande et la confiance aux marques que l’on connaît est trop importante. Le pas est difficile à franchir. Nous sommes vraiment heureux d’avoir pu faire cette expérience et (re)découvrir une vie sans grande surface.

Mon retour au supermarché ?

J’avais l’impression que je n’étais plus à ma place dans ce grand supermarché. Je n’avais pas envie d’acheter quoi que ce soit. Sauf, une bouteille d’eau gazeuse. Mon petit pêché mignon. Oui après 30 jours de défi, mon premier achat en grande surface est qu’une bouteille d’eau gazeuse. Rayon légume balayez du regard sans envie, pareil au rayon boucherie. J’avais qu’une envie, retourner au marché et chez mon boucher.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Après une semaine de retour à la normale, nous avons gardé nos habitudes du marché et du boucher. Le jus d’orange pressé est réservé que pour le week-end, pour vraiment l’apprécié. Le reste de la semaine, il sera en brique. Le prix pèse aussi dans la balance. On continuera à commander à la ruche qui dit oui. Nos samedis matin rimeront avec marché. La viande viendra principalement du boucher. Pour le reste, on verra cas par cas en fonction de nos envies. Nous continuerons nos visites aux épiceries que nous avons énormément appréciées (par exemple le petit coin du Seeland / Chez mamie / Casa Maggiano / Chocolatrie Langel / le comptoir du thé). Et nous continuerons à ouvrir les portes des autres petites échoppes pour voir ce qu’ils nous proposeront. Nous ne cesserons pas de faire du pain, pâte à pizza, pâtes, soupes, plats maison. Le plaisir de travailler avec de bons produits nous donne encore plus envie de les cuisiner. Et le résultat est bien plus gratifiant que de réchauffer des plats tout faits.

Mes plats préférés de ce mois ?

Boeuf bourguignon cuit pendant 3h avec une purée maison. Les soupes de légume (une par semaine). Les chips de topinambour au micro-ondes avec juste un peu de sel (parfait pour l’apéro et sans matière grasse, vraie belle surprise). Les côtelettes de porc à la moutarde avec pommes de terre et carottes (au four). Les steaks de boeuf avec spaetzli maison au persil. La fondue de poireau de ma chérie. La pizza maison. Le poulet au Curry et salade. La salade de betteraves. Saucisse du boucher avec un risotto de légumes. Et tout venait de la ruche qui dit oui, du marché et des épiceries locales. On peut cuisiner tous nos plats habituels sans aucun souci. Le seul ingrédient où j’ai eu des difficultés, c’est le cornichon. On avait organisé une raclette le dernier dimanche du défi. Et une raclette sans cornichons c’est triste. Nous en avons trouvé dans une épicerie (verse, magasin bio à Bienne), ils sont excellents et de plus Suisse et demeter !

Et les autres ?

Oui, je vous avais dit que j’avais cherché sur internet si d’autres personnes ont fait le défi. Je vous invite à lire leur résumé à elles (et aussi leur blog respectif, qui mérite le détour) : Lumai et Avec Panache

Et vous, quelles ont été vos belles découvertes ? Surprises ? Difficultés ?

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